LE MOULIN SOUCHON  

         Il s'agit du moulin le plus intéressant et le mieux conservé de SAINT GERVASY.

            Chris GIBBINGS qui a fait un travail de recensement des moulins européens, en parle lors de son passage dans la commune en 1975, dans un livre intitulé " Les Moulins de l'Hérault ".  

 

LE MOULIN D'YROLET *

Nous savions déjà qu'ici et là, à l'étranger, en Angleterre et en Allemagne notamment, quelques meuniers astucieux eurent l'idée de grouper moulin à vent et moulin à eau sous un même toit. 

Un exemple magnifique est préservé et restauré à Huven, dans la Basse Saxe, en R.F.A. Mais nous n'en avions jamais trouvé en France. Ce n'est qu'en juin 1975, au cours du recensement méthodique des moulins du Gard, que nous nous sommes trouvés en face d'une tour posée sur un complexe " inquiétant " qui rappelait la " masse " d'un cavier angevin. Une rencontre fortuite, sur place, avec son propriétaire   Jacky Guidi   nous permit d'apprendre que nous étions en présence de ce qui est, pour l'instant, le seul moulin jumelé que nous connaissions en France. Une inspection minutieuse des bâtiments en apporta la preuve.

 Le moulin d'Yrolet, ou de la Pousse, pourrait être du XVIl ° siècle. Une de ses pierres porte la date de 1690. Il est situé au Nord-est de la commune de Marguerittes, a sa limite avec la commune de Saint-Gervasy. L'autoroute A 9 passe désormais à 50 mètres du moulin.

 La petite rivière qui alimente le Moulin à eau prend sa source à environ 2 km au nord, près du lieu dit Arnon et se jette au sud de Marguerittes dans le Vistre.

 La rareté du moulin jumelé s'explique aisément par le fait que là où passent les rivières, la prise de vent est insuffisante. Mais ici les conditions sont réunies : le vent du nord s'engouffre dans le même couloir que la rivière, bordé de deux collines aux versants abrupts, atteignant l'un et l'autre 131 et 132 mètres d'altitude. Les autres vents abordaient le moulin sans difficulté car il est placé à la lisière d'une plaine très large, sans arbres, et peu peuplée.

 Du moulin à vent ne subsiste que la tour et, à l'intérieur, le montant d'escalier en pierre, magnifique arc brisé qui servit également de support latéral au plancher de l'étage unique. Il n'y avait ici qu'une paire de meules.

 Le moulin à vent est placé sur une masse presque rectangulaire, en pierre. Il possède une salle souterraine, étayée par de puissants contreforts : deux ( qui sont verticaux ) du côté où le Moulin à vent touche le Moulin à eau et un autre, en plein centre, presque au milieu de la pièce. Au centre du plafond, il y a un trou, construit, dont on ne peut plus expliquer l'utilité.

Dans cette salle enterrée, une porte très basse permet l'accès à la salle des roues du Moulin à eau, située naturellement à un niveau inférieur pour éviter que l'eau puisse s'infiltrer sous le Moulin à vent. 

Les deux roues qui actionnaient chacune une paire de meules du Moulin à vent étaient horizontales, comme c'est généralement le cas dans le Midi. L'eau de la rivière était dirigée sur chacune d'elles par un orifice  en pierre.  Sur l'un d'eux subsistent les traces d'une sorte de vanne qui glissait verticalement et qu'on ouvrait ou fermait sans doute à l'aide de câbles, manipulés depuis la chambre des meules.

 Deux trous encore existants à côté de remplacement de chaque paire de meules tendent à confirmer ce dispositif, qui permettait au meunier, soit d'utiliser une paire de meules à la fois, soit même d'arrêter totalement l'arrivée d'eau dans le moulin.

 Ayant fait tourner les roues, l'eau s'évadait par un long couloir, voûté en berceau, et rejaillissait à quelques 20 mètres du moulin, pour se jeter dans le bras principal de la rivière.

 Dans la chambre des meules, il ne reste que la meule gisante d'une des paires. Elle mesure 1,50 m de diamètre. Là où se situait l'autre paire, un vigneron avait construit une cuve, qui est hors d'usage. Cette pièce possède une voûte superbe, en berceau. Sur la porte d'entrée, on trouve le nom de Louis Veyrat et la date : 1772.

Cet ensemble est aujourd'hui à l'abandon, mais son propriétaire en souhaite la restauration. Il avait d'ailleurs entrepris des travaux de consolidation de la tour du Moulin à vent, qui furent aussitôt détruits par des vandales.

Ce moulin est, touristiquement, bien situé, à côté d'une autoroute et près de Nîmes. il est exceptionnel, si ce n'est unique. C'est pourquoi nous transmettons un dossier complet au Conservateur Régional des Bâtiments de France espérant ainsi obtenir le classement de ce témoin de l'ingéniosité d'un meunier provençal. "

 Texte de Chris GIBBINGS.

         Nous ajouterons quelques précisions ou corrections. Ce moulin d'Yrolet s'appelle en fait le moulin Souchon. Il est établi sur le Canabou qui est un affluent du Vistre et se situe sur le territoire de Saint-Gervasy à la limite de la commune de Marguerittes. En revanche, le vrai moulin d'Yrolet est complètement en ruine et situé en aval à environ 200 m.

          Différents propriètaires se sont succédés : BAUDAN 1680, MOMBEL 1764, Louis VEYRAT 1772, André BONNEFOI 1828, SOUCHON 1850. 

                                                                                        

Moulin Souchon                        Coupe des moulins                          Moulin Souchon
    Août 1935                    Jeanne & Philippe CHAUSSON                    Trajet des eaux.

 souchbec.jpg (57411 octets)                           soucho1.jpg (59476 octets)                            soucho2.jpg (63124 octets)

                                                  Pour plus de précisions cliquez sur les images.