
Les Moulins de Saint Gervasy
Au Moyen-âge et durant les siècles suivants les moulins étaient un élément primordial dans une économie essentiellement rurale. Au XVIII° siècle, sur la carte dite de Cassini (1714-1784) on identifie sur le trajet du Canabou trois moulins. Ces différents édifices qui ne sont plus en activité, ont subi l'outrage du temps, des intempéries avec des crues parfois très importantes et certainement les destructions résultant des conflits locaux. Avec la révolution des techniques industrielles, ils ont été progressivement abandonnés, les ronces se sont emparées des vieilles pierres et ont dégradé de manière insidieuse ces ouvrages. Bon nombre de pierres ont été réutilisées par les habitants pour reconstruire d'autres bâtisses.
Mr Raymond MARTIN a décrit de manière très claire le fonctionnement de ces moulins dans son ouvrage " LE CANABOU ".
" Ces moulins à eau ne pouvaient fonctionner qu'en période de hautes eaux, c'est à dire moins de la moitié de l'année. Lorsque le niveau de l'eau baissait le relais était pris par les moulins à vent. D'où l'ingéniosité de quelques meuniers qui a fait naître des modèles de moulins jumelés qui conjuguent deux énergies vent et eau. C'est le cas du moulin Souchon, qui était un des plus rares et des plus beaux de la région.
Un barrage ou chaussée jeté d'une rive à l'autre du Canabou permettait de
capter les eaux et de les amener par un canal jusqu'à un vaste réservoir ou écluse
.Cette dernière était creusée à même le sol et colmatée pour assurer l'étanchéité.
A l'écluse, un trop plein maintenait un niveau constant en évacuant l'eau en
surplus par un canal vers la rivière. Ces moulins fonctionnaient de façon
intermittente car, lorsque la réserve d'eau de l'écluse était épuisée, il
fallait attendre qu'elle se reconstitue avant de pouvoir fonctionner de nouveau.
C'est pourquoi ces écluses avaient parfois des dimensions considérables vu la
taille des installations qu'elles alimentaient.
La plupart des moulins à eau étaient constitués de la grande roue horizontale
à axe vertical. Un simple filet d'eau suffisait pour mettre en mouvement le
rouet grâce au stockage de l'eau dans l'écluse. Une petite ouverture par où
l'eau s'échappait avec force pouvait être fermée par une vanne coulissante en
bois à l'origine, puis en métal, commandée par un système de leviers. Le
rouet qu'il soit en bois ou plus tard en fonte ou en fer était fixé par un axe
vertical. La partie supérieure de l'axe entraînait la meule supérieure dite
meule "tournante". Le couple rouet-meule tournante formait le coeur du
moulin.
La meule tournante entraînée par le rouet tournait sur une autre meule fixe
horizontale appelée meule "dormante" ou "gisante". Le tout
aménagé dans un caisson en bois de forme circulaire "le tambour"
surmonté d'une trémie où l'on versait le grain à moudre. Les meules en grès
de tailles variables pouvaient atteindre jusqu'à 1,80 mètre.
L'entretien des barrages, des écluses et des canaux de fuite était la
condition nécessaire à un bon fonctionnement de tous les moulins Les négligences
entraînaient protestations et parfois procès. "
Au fil du temps ces moulins ont changé de nom. Nous pouvons actuellement répertorier en suivant le cours du ruisseau, successivement .
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