Les Moulins de Saint Gervasy

 

           

 

 

            " Ces moulins à eau ne pouvaient fonctionner qu'en période de hautes eaux, c'est à dire moins de la moitié de l'année. Lorsque le niveau de l'eau baissait le relais était pris par les moulins à vent. D'où l'ingéniosité de quelques meuniers qui a fait naître des modèles de moulins jumelés qui conjuguent deux énergies vent et eau. C'est le cas du moulin Souchon, qui était un des plus rares et des plus beaux de la région. 

           Un barrage ou chaussée jeté d'une rive à l'autre du Canabou permettait de capter les eaux et de les amener par un canal jusqu'à un vaste réservoir ou écluse .Cette dernière était creusée à même le sol et colmatée pour assurer l'étanchéité. A l'écluse, un trop plein maintenait un niveau constant en évacuant l'eau en surplus par un canal vers la rivière. Ces moulins fonctionnaient de façon intermittente car, lorsque la réserve d'eau de l'écluse était épuisée, il fallait attendre qu'elle se reconstitue avant de pouvoir fonctionner de nouveau. C'est pourquoi ces écluses avaient parfois des dimensions considérables vu la taille des installations qu'elles alimentaient.

           La plupart des moulins à eau étaient constitués de la grande roue horizontale à axe vertical. Un simple filet d'eau suffisait pour mettre en mouvement le rouet grâce au stockage de l'eau dans l'écluse. Une petite ouverture par où l'eau s'échappait avec force pouvait être fermée par une vanne coulissante en bois à l'origine, puis en métal, commandée par un système de leviers. Le rouet qu'il soit en bois ou plus tard en fonte ou en fer était fixé par un axe vertical. La partie supérieure de l'axe entraînait la meule supérieure dite meule "tournante". Le couple rouet-meule tournante formait le coeur du moulin.

           La meule tournante entraînée par le rouet tournait sur une autre meule fixe horizontale appelée meule "dormante" ou "gisante". Le tout aménagé dans un caisson en bois de forme circulaire "le tambour" surmonté d'une trémie où l'on versait le grain à moudre. Les meules en grès de tailles variables pouvaient atteindre jusqu'à 1,80 mètre.

           L'entretien des barrages, des écluses et des canaux de fuite était la condition nécessaire à un bon fonctionnement de tous les moulins Les négligences entraînaient protestations et parfois procès. "   


                        


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