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Vous ne le saviez sans doute pas, moi non plus, mais au début du
vingtième siècle une ligne de trolleybus ( tramway sans rail ou bus
électrifié également appelés Omnibus à trolley ou Electrobus du
Gard.) passait dans le village de Saint Gervasy.
En effet dans les
années 1920, dans le but de relier à Nîmes diverses localités de sa
banlieue Est et Nord-Est, le Département du Gard avait créé deux lignes
d’électrobus dont il avait confié l’exploitation à la
Compagnie des Tramways de Nîmes.
Dans la mesure où
cette sorte de petit train faisait halte sur le territoire de
la commune et participait donc à sa vie économique, nous avons pensé
qu'il faisait un peu partie de notre patrimoine.
Les électrobus de
Nîmes ont été mis en service, en juillet 1924, pour le service des
voyageurs, et, en juin 1925 pour le service des marchandises avec des
trains routiers.
LES TRAJETS :
La Ligne A , de Nîmes au Pont du Gard, passait successivement par
Marguerittes, Saint Gervasy, Bezouce, Saint Bonnet, et Lafoux. Cette ligne
était longue de 22 km 200, elle suivait pendant 19 km 750 la nationale
86, puis un chemin de grande communication jusqu’au Pont du Gard (
terminus situé en aval du Pont du Gard, côté rive droite au niveau de
l'ancien Hôtel BOURREL ) voir photo .Une déviation de 2 km desservait
Marguerittes.
La Ligne B, de Nîmes au Pont du Gard passait par Mandel, Redessan,
Jonquières ( où elle quittait la route nationale ), Comps, Montfrin et
Lafoux, où elle rejoignait la ligne A. Sa longueur totale était de 33
km 750. Il y avait une dérivation d’1 km 460 à Redessan et un
embranchement à Manduel.
Les rampes ne dépassaient guère 3%. Le terminus de Nîmes était situé
sur le boulevard Gambetta ; le dépôt, commun avec celui des tramways se
trouvait derrière la gare des Chemins de Fer P-L-M.
Il existait, sur la ligne A, cinq services à voyageurs aller et retour
par jour et un service mixte à marchandises. Sur l’autre ligne ( B ) il
y avait quatre services à voyageurs aller et retour et des services à
marchandises. Les vitesses commerciales atteintes étaient de 30 km/h pour
les services voyageurs et de 26 km/h pour les services mixtes. Les autobus
isolés pouvaient atteindre 40 km/h en palier. La valeur d’un autobus
était d’environ 100 000 francs, celle d’une remorque 50 000 francs, son
trafic journalier était de 250 km. La ligne a coûté 35 000 francs par
kilomètre.
L'ALIMENTATION
ÉLECTRIQUE :
L’alimentation du réseau se fait en courant continu, 550 - 600 volts,
au moyen de quatre sous-stations. La première, celle de Nîmes, commune
aux électrobus et aux tramways, est située dans les locaux du réseau
primaire de la Société nîmoise d'Electricité, elle comporte des commutatrices.
Deux sous stations, installées à Lafoux et à Comps sont prévues pour
être équipées chacune avec deux groupes moteur générateur de 100 kw;
actuellement un seul groupe est installé. La quatrième sous station ,
installée sensiblement au centre de gravité du réseau, est reliée à la
ligne A, près de Bezouce et à la ligne B, près de Redessan, par des
feeders en câbles d’aluminium de 110 mm2, sur poteaux en bois avec des
socles en béton armé.
La ligne de contact était composée de deux fils de cuivre rainurés, d’une
section unitaire de 85 mm2, espacés de 0m35; elle était montée, par l’intermédiaire
de consoles en tubes d’acier, sur poteaux en bois avec socles en béton
armé.
En alignement, les portées de la ligne était de 30 mètres. En tenant
compte des portées réduites dans les courbes on comptait en moyenne 40
supports par kilomètre. La hauteur moyenne des fils de contact était d’environ
6m50 ; leurs isolateurs étaient du type de ceux utilisés pour les lignes
de tramways ( une boule isolante placée entre les deux fils, qui sont de
polarité différente ). Tous les cinq kilomètres environ ; des
parafoudres étaient installés sur la ligne aérienne; le fil négatif
était mis à la terre.
LE MATÉRIEL ROULANT.
Le matériel roulant comprenait 10
autobus comportant un compartiment à voyageurs à 27 places assises et un
compartiment pouvant recevoir 500 kg de bagages et 15 remorques à
marchandises de 4 tonnes de charge utile, équipées avec un moteur
électrique, pour permettre la réalisation de trains routiers à unités
motrices multiples.
Les autobus étaient équipés de deux
moteurs de 20 ch. fonctionnant sous 525 volts. La
direction était à réduction par roue hélicoïdale et vis sans fin, les
deux roues motrices arrières étaient indépendantes et commandées
chacune par un moteur, il n’y avait donc pas de différentiel. Les roues
étaient munies de bandages en caoutchouc extra souples de 1030 X 160 mm (
bandages simples à l’avant, et jumelés à l’arrière ), la
suspension de type ressorts à lames d’acier, larges et flexibles. Les
autobus possédaient trois freins. un mécanique, un électrique du type
rhéostatique, un frein à air comprimé du type Westinghouse pour
automobile.
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